‘Faut pas pousser. J’laisse pisser l’ passé.
J’suis ma piste d’un pas pressé
Stressé, oppressé par les pensées qui passent dans ma tête ;
Est-ce que j’ dois les peser
Est-ce que j’ peux les poser ?
Pourquoi y’a pas d’ printemps pour un sale poète ?
On m’a pas appris à viser
Qui peut oser m’apprivoiser ?
Je sais qu’y a une miss plutôt prisée
Avec laquelle j’ pourrais improviser
Une de celles qu’aime pas être prise pour une gazelle
Une assez cinglée pour essayer d’ passer aux travers des mailles de mon filet,
Qui s’ faufilerait et percerait les secrets de ma psyché parasitée,
Dépossédée de tout semblant de personnalité.
J’en peux plus en vérité.
J’ai pas démarré que j’sais qu’jirai pas loin sur cette lancée
Que j’ parviendrai pas à l’objectif fixé
Si j’ peux pas appartenir à cette beauté qui m’a envoûté
Depuis la première fois où j’ l’ai rencontrée.
Tout c’ qui aujourd’hui peut paraître rester en moi
S’exprime pour appeler la plus pure de celles qui sortent de là où l’on sait, comme si y’avait qu' ça…
J’tiens à m’excuser comme j’en ai l’habitude pour tout c’ que j’ t’ai fait ou pas.
Pourquoi on essayerait pas d’ partager nos repas ?
Tu pourrais m’aider à contrer c’ t’ aspect sombre,
M’faire croire ou m’ montrer que j’ peux être aut’ chose que c’ putain d’ pervers perdu dans
l’ nombre de ceux qui n’ jurent que par l’ombre de l’autre gent,
Pour mieux parler de l’entrejambe féminine,
Cet antre dont mon ventre si souvent crie famine ;
L’antichambre de ma folie dont je n’ peux renier l’origine
Et sur laquelle je n’ saurais régner sans commettre aucun crime, même minime.
J’t’ en prie aide-moi à briser cette mine qui n’ rime à rien,
Couvre mon mal par ton bien ;
Dis-moi que j’ suis pas qu’un mâle, que j’ suis pas qu’un chien…
J’ sais pas si tu sais que j’ donnerais tout pour être simplement contre toi, juste pour être dans
tes bras et qu’ tu sois dans les miens.
La suite j’ te la dis pas parce que tu sais c’ que c’est, je l’ crains,
Comme tu sais qu’ c’est pas ça que j’ cherche chez toi.
J’veux ressentir l’amour c’est tout
Et c’est pour toi que vibre celui qui est en moi.
Je r’ cherche juste l’affection de la seule femme qui peut m’ la donner sur cette terre,
Cette jolie louve qui jamais n’est fière, qui toujours est sincère ;
Sans pour autant s’ laisser faire elle cache l’Amour dans sa tanière.
La seule je crois ou j’espère qui m’ mettrait pas d’ coup d’ schlass par derrière ;
L’unique capable d’ôter à ma vie ce goût si amer.
C’est pas que j’ vive dans la misère mais j’ suis tout seul tu sais, et ça date pas d’hier…
A ça qu’est-ce que j’ peux faire ? J’ ferme ma gueule et j’ me renforce pour la galère.
J’suis dégoûté d’ cette comédie où j’ dois faire semblant d’ vant tout l’ monde d’ pas savoir c’
que j’ suis.
J’t’ en prie Camille, ‘faut pas qu’ toi tu m’oublies. Moi j’ suis d’ la tendresse et ô combien toi
aussi.
J’en connais qui t’ diront qu’ tout ça c’est qu’des mots ; du dit et redit d’guignolo tout québlo.
Mais j’ fais comment moi pour exprimer tout c’ que j’ai dans la peau si y a personne près d’
moi pour sentir à quel point j’ suis capable d’aimer ?
Les êtres doubles ne sont-ils pas faits pour se compléter ?
J’y peux rien si ta seule présence suffit à m’apaiser
Comme si j’ retrouvais la vérité
Comme si enfin j’ touchais l’éternité.
2006