Peut-on s’autoriser à créer, à enfanter
Si l’on n’en éprouve pas soi-même la douleur ?
Si l’on est isolé des clameurs ?
Poétiser, philosopher…Prophétiser ?
Vanité de va-nu-pieds.
Intellect, sentiments,
Je m’en délecte comme un enfant.
Le logos fusionne avec l’ego,
La puissance se manifeste en un écho ;
Atrocités, merveilles, canalisées en des mots,
Bridées dans le champ du mental
Pour ne point s’enfuir en des monts ;
Reposant dans l’univers encéphale
En un point exempt de toute opération.
Réflexe ? Prétention.
Prétexte ? Protection.
Perplexe réflexion…
L’on se vexe de sa raison,
L’on se blesse de sa passion,
L’on se presse à la dite « vision »,
Pour que paisse la dérision,
Pour que naisse la décision,
Et qu’enfin cesse la division.
Est-ce illégitime de rechercher l’authenticité,
L’hôte antique, Cité Juste : Beauté, Vérité ?
Tout dépend peut être de l’intention
Sinon plutôt de l’intérêt…
Profiter. Penser. Dépenser…
Pour mieux gagner sa Vie ; mériter sa Liberté.
C’est d’ailleurs là tout ce que j’ai :
Une tête pesante d’esthète espérant encore
Quelque charmante récompense
Qui deviendrait substance ciel ;
Celle qui pourrait à elle seule panser
La déchirure béante faite
A ma panse de bête offensée ;
Cette merveille pour laquelle je n’ai pas osé
Eprouver tant de désir…
Si précieuse à mon cœur
Que je ne pouvais contenir
Une telle ardeur ;
Comment aurais-je pu te dévêtir
Et impunément investir la douceur infinie de ton sourire ?
été 2005