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Je me suis rendu compte que je ne gardais  le plus souvent qu'une impression globale d'un livre lu . Pourtant je suis souvent frappé par quelques phrases pour leur pertinence ou leur qualité esthétique.

Ainsi ai-je simplement décidé de les relever pour ma propre mémoire et les partager avec qui le souhaite. Ces fragments sont aussi bien extraits de romans que d'essais ou encore d'oeuvres poétiques.

Ils sauront peut être motiver à la lecture des oeuvres desquelles ils sont issus, tout au moins prêteront-ils à la réflexion en étant lus en dehors de leur contexte. Je les pose en vrac sans autre lien logique (ou presque...) que la chronologie de mes lectures.

Par ailleurs j'insiste particulièrement sur certaines oeuvres que je considère fondatrices, les plaçant dans une catégorie à part : Explorateurs de la Vérité.

 

*

 

Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de ne pas être fou.

Pascal ~ Pensées. Fragment 391

 

*

 

 

Je ne savais aimer que des chimères, ces femmes dont l’absence obsède, et qui, fuyantes après s’être données, laissent dans notre mémoire l’amertume de l’échec, la nostalgie du paradis qu’elles semblaient nous promettre.

Philippe Vilain ~ Faux père (Grasset, p.22)

 

J’ignore si le bonheur se rencontre plusieurs fois, si les déceptions ne finissent pas par en entraver durablement l’idée et ne nous condamnent pas à cette forme d’oubli qu’est l’ennui (…)

Philippe Vilain ~ Faux père (Grasset, p.110)

 

*

 

Il y a assez de tout dans le monde pour satsifaire aux besoins de l'homme mais pas assez pour assouvir son avidité.

(?)

 

*

 

Les femmes mettent de l'ostentation jusque dans la grandeur d'âme.

Stendhal

 

*

 

Tous les artistes jouaient sur leur physique pour promouvoir leur travail. Sur scène et à l'écran, l'importance du look n'était plus à démontrer. Les écrivains eux-mêmes s'y mettaient, avec leurs prortraits retouchés, leurs yeux de braise de prochain prodige de la littérature, leur apparence commerciale.

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p. 101)

 

(...) comme lui avait asséné un critique d'art un peu trop honnête :  "Une oeuvre sans valeur esthétique offre peu d'intérêt à nos yeux - pourquoi en irait-il autremet d'un être humain?"

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p.102)

 

Ainsi formulé, celà semblait prétentieux. Elle-même avait dédaigné les poncifs chers aux écoles des beaux-arts : il faut souffrir pour créer. Il faut de la tragédie pour donner du corps à votre travail.

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p.102)

 

(...) Wu a allumé la télévision. Il aimait les programmes de la journée. Les émissions comme Springer ou Ricki Lake. La plupart des gens les traitaient par le dédain. Pas lui. Seule une société extrêmement évoluée, une société libre, pouvait se permettre de diffuser des âneries pareilles. Qui plus est, la sottise le rendait heureux. Les gens étaient des veaux. La faiblesse des uns fait la force des autres. Quoi de plus rassurant et de plus divertissant ?

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p. 118)

 

 Avec une pointe de cynisme, elle se disait que faire lever épisodiquement les ouailles pendant le service religieuxn'avait rien à voir avec la dévotion : il s'agissait surtout de les empêcher de dormir.

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p. 142)

 

Le gage de la sérénité était de continuer à travailler, à aller de l'avant. Quand on avance, on ne pense pas à la culpabilité ou à l'innocence. On ne pense pas au passé, à ses rêves, à ses bonheurs ou à ses déceptions, on se préoccupe juste de survivre, de prendre des coups ou d'en donner. De tuer ou d'être tué.

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p. 266)

 

Son bureau était plongé dans le noir. Sa journée de travail terminée, Indira aimait bien rester dans le noir. Le problème en Occident, pensait-elle, c'était la stimulation permanente. Elle n'y échappait pas non plus, bien sûr, personne n'était à l'abri. L'Occident vous bombardait non-stop de couleurs, de lumières et de sons, ça ne s'arrêtait jamais. Alors, dès qu'elle en avait l'occasion, surtout en fin de journée, Indira aiamit bien rester dans une pièce avec toutes les lumières éteintes. Pas pour méditer, non, comme on aurait pu le croire, compte tenu de ses origines. Pas en position du lotus, doigts joints en forme de cercle. Non, juste dans l'obscurité.

Harlan Coben ~ Juste un regard (Pocket Thriller p. 341)

 

 

 

*

 

Pourquoi Bush s’acharne-t-il sur notre pays ? (…) Pour nous débarrasser d’un despote, leur larbin d’hier, aujourd’hui compromettant ?... Parce que notre martyr avait fini par attendrir les rapaces de Washington ?... Si vous croyez une seconde à ces contes de fées c’est que vous êtes fichus. Les U.S.A. savaient deux choses extrêmement préoccupantes pour leurs projets hégémoniques :

notre pays était à deux doigts de disposer pleinement de sa souveraineté : l’arme nucléaire. Avec le nouvel ordre mondial, seules les nations disposant de l’arsenal nucléaire sont souveraines, les autres n’étant dorénavant que de potentiels foyers de tensions, des greniers providentiels pour les grandes puissances. Le monde est géré par la Finance internationale pour laquelle la paix est un chômage technique. Question d’espace vital…

L’Irak était la seule force militaire à tenir tête à Israël. Le mettre à genoux, c’est permettre à Israël de       faire main basse sur la région…

 Yasmina Khadra ~ Les sirènes de Bagdad (éd. Juliard. P.44)

 

*

 

Ces distracto-oliques. Ces concentro-phobiques. Ce bon vieux Georges Orwell avait tout compris à l’envers. Big Brother ne surveille pas. Il chante et il danse. Il sort des lapins d’un chapeau. Big Brother est tout entier occupé à attirer votre attention à chaque instant dès que vous êtes éveillé. Il fait en sorte que vous soyez toujours distrait. Il fait en sorte que vous soyez pleinement absorbé. Il fait en sorte que votre imagination s’étiole, jusqu’à ce qu’elle vous devienne aussi utile que votre appendice. Il fait en sorte que votre attention soit toujours remplie. Et avec le genre de nourriture dont on vous alimente, c’est pis que d’être surveillé. Comme le monde vous emplit toujours à tout instant, personne n’a plus à se soucier de ce qu’il y a dans l’esprit. L’imagination de tous et de chacun bien atrophiée, personne ne sera plus jamais une menace pour le monde.

Chuck Palahniuck ~ Berceuse (Pocket)

 

*

 

Divertissement.

On charge les hommes dès l’enfance du soin de leur honneur, de leur bien, de leurs amis, et encore du bien et de l’honneur de leurs amis, on les accable d’affaires, d’apprentissage des langues et d’exercices, et on leur fait entendre qu’ils ne sauraient être heureux sans que leur santé, leur honneur, leur fortune, et celle de leurs amis soient en bon état, et que seule chose qui manque les rendra malheureux. Ainsi on leur donne des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour.
_ Voilà, direz-vous, une étrange manière de les rendre heureux ; que pourrait-on faire de mieux pour les rendre malheureux ?
_ Comment ? Ce qu’on pourrait faire ? Il ne faudrait que leur ôter tous ces soins, car alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont, et ainsi on ne peut trop les occuper et les détourner. Et c’est pourquoi, après leur avoir tant préparé d’affaires, s’ils ont quelque temps de relâche, on leur conseille de l’employer à se divertir, à jouer, et s’occuper toujours tout entiers.
Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure !

Pascal ~ Pensées ~ fragment 129

 

 

L’art de fronder et bouleverser les Etats est d’ébranler les coutumes établies, […]
Il ne faut pas qu’il [le peuple] sente la vérité de l’usurpation, elle a été introduite autrefois sans raison, elle est devenue raisonnable. Il faut la faire regarder comme authentique, éternelle et en cacher le commencement si on veut qu’elle ne prenne bientôt fin. […]

Pascal ~ Pensées ~ fragment 57.

 

*

 

En dépit de toutes les illusions où certains semblent se complaire, ce n’est certes pas une science toute livresque qui peut suffire à redresser la mentalité d’une race et d'une époque ; et il faut pour cela autre chose qu’une spéculation philosophique qui même dans le cas le plus favorable est condamnée par sa nature même à demeurer toute extérieure et beaucoup plus verbale que réelle.

Pour restaurer la tradition perdue, pour revivifier véritablement, il faut le contact de l’esprit traditionnel vivant.

René Guénon ~ La crise du monde moderne (Folio essais p. 56)

 

Si l’on en arrive cependant à parler encore quelquefois de la doctrine, ce n’est que trop souvent pour la rabaisser en discutant avec des adversaires sur leur propre terrain « profane », ce qui conduit inévitablement à leur faire les concessions les plus injustifiées ; c’est ainsi notamment qu’on se croit obligé de tenir compte, dans une plus ou moins large mesure, des prétendus résultats de la « critique » moderne, alors que rien ne serait plus facile, en se plaçant d’un autre point de vue, que d’en montrer toute l’inanité ; que peut-il rester effectivement du véritable esprit traditionnel ?

René Guénon ~ La crise du monde moderne (Folio essais p.118)

 

*

 

On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs et l’on a plus d’illusions. L’imagination est riche, abondante et merveilleuse, l’existence pauvre, sèche et désenchantée.
On habite avec un cœur plein un monde vide ; et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout.

Chateaubriand ~ Génie du christianisme : du vague des passions.

 

*
 

La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement. Et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fais perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort.

Pascal ~ Pensées. Fragment 393

 

Travaillez non pas à vous convaincre des preuves de Dieu mais à la diminution de vos passions. 

~ fragment 397

 

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Ressentant de l’amour pour Marthe, j’en ôtais à René, à mes parents, à mes sœurs.

Radiguet ~ Le diable au corps

 

Un parfum provisoire excitait mes sens. D’avoir goûté à des joies plus brutales, plus ressemblantes à celles qu’on éprouve avec la première venue, affadissait les autres.

J’appréciais déjà le sommeil chaste, libre, le bien être de se sentir seul dans un lit aux draps frais. J’alléguais des raisons de prudence pour ne plus passer de nuit chez Marthe. Elle admirait ma force de caractère. Je redoutais aussi l’agacement que donne une certaine voix angélique des femmes qui s’éveillent et qui, comédiennes de race, semblent chaque matin sortir de l’au-delà.

Radiguet ~ Le diable au corps

 

Il faut admettre que si le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas, c’est que celle-ci est moins raisonnable que notre cœur. Sans doute sommes-nous tous des narcisses, aimant et détestant leur image, mais à qui toute autre est indifférente. C’est cet instinct de ressemblance qui nous mène dans la vie, nous criant « Halte ! » devant un paysage, une femme, un poème. Nous pouvons en admirer d’autres, sans ressentir ce choc. L’instinct de ressemblance est la seule ligne de conduite qui ne soit pas artificielle. Mais dans la société, seuls les esprits grossiers sembleront ne point céder contre la morale, poursuivant toujours le même type. Ainsi, certains hommes s’acharnent sur les « blondes », ignorant que souvent les ressemblances les plus profondes sont les plus secrètes.

Radiguet ~ Le diable au corps

 

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La beauté est un signe de la Grâce. Un signe. C'est-à-dire quelque chose qui s’inscrit. Quelque chose qui écrit. Quelque chose qui parle.

Et le paysage qui nous entoure de toutes parts est là pour nous dire à quel point il est vrai. Les montagnes, la forêt, le lac, l’île, les roches, les arbres, l’eau, le ciel, la lumière, tout est agencé comme une écriture. Tout est agencé comme quelque chose qui doit absolument être là. Sous cette forme. Avec cette voix.

M.G. Dantec ~ Artefact (Albin Michel p. 112-113)

 

Ou bien les civilisations planétaires survivent en devenant les instruments de la Grâce, ou elles meurent en se suicidant de façon plus ou moins rapide.

M.G. Dantec ~ Artefact (Albin Michel p. 178)

 

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La solitude est mauvaise à celui qui n’y vit pas avec Dieu ; elle redouble les puissances de l’âme, en même temps qu’elle leur ôte tout sujet pour s’exercer. Quiconque a reçu des forces doit les consacrer au service de ses semblables ; s’il les laisse inutiles, il en est d’abord puni par une secrète misère, et tôt ou tard le ciel lui envoie un châtiment effroyable.

Châteaubriand ~ René

 

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L’ironie de la foi face au sarcasme du scepticisme.

J’ai décidé de poursuivre la seule activité qui vaille dans ce coin d l’univers : l’écriture.

M.G. Dantec ~ Artefact

 

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Des deux séjours humains,

La tente ou la maison,

L’un est un pan du ciel,

L’autre un pan de prison.

 

(…) Etre seul, c’est régner ; être libre, c’est vivre.

Par la faim et la soif il achète ses biens ;

Il sait que nos trésors ne sont que des liens.

Sur les flancs calcinés de cette arène avare

Le pain est graveleux, l’eau tiède, l’ombre rare ;

Mais fier de s’y tracer un sentier non frayé,

Il regarde son ciel et dit :

Je l’ai payé !...

 

Lamartine ~ Méditations poétiques : Le désert, ou l’immortalité de Dieu (Poésie Gallimard p. 404)

 

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Ce n’est pas caricaturer la réalité que de dire que notre libre arbitre se trouve de plus en plus soumis à un conditionnement qui cantonne l’être humain à un statut de consommateur qui agit par automatisme ou par influence. La force de persuasion clandestine de la publicité, que nous subissons à longueur de temps et au cours de toutes nos activités, finit par nous convaincre que l’envie de posséder permet d’échapper au mal-être.

Nicolas Hulot ~ Pour un pacte écologique (Livre de poche p. 47)

 

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Elle aimait les lectures, les romans et les poésies, non pour leur valeur d’art, mais pour la songerie mélancolique et tendre qu’ils éveillaient en elle. Un vers, souvent banal, souvent mauvais, faisait vibrer la petite corde, comme elle disait, lui donnait la sensation d’un désir mystérieux presque réalisé. Et elle se complaisait à ces émotions légères qui troublaient un peu son âme bien tenue comme un livre de comptes.

Maupassant ~ Pierre et Jean

 

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L’homme s’était asservi à la Machine, tout autant qu’il l’avait asservie à ses désirs. Il s’était laissé co-machiniser, en toute connaissance de cause. Il était devenu partie intégrante du piège que recèle, par définition, toute machine, surtout si elle est devenue un Monde.

M.G. Dantec ~ Grande jonction (Le livre de poche, p.16)

 

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Les méchants ont sans doute compris quelque chose que les bons ignorent.

Woody Allen

 

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Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre.

Albert Einstein

 

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O âme, si quelque fou te dit : « L’âme comme le corps périt, et ce qui passe de vie à trépas certes ne revient pas. » Rétorque lui alors : « Les fleurs meurent, mais les graines demeurent. Et c’est là où réside l’essence de l’éternité. »

Khalil Gibran ~ O âme

 

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Je ne connais personne d’aussi gentil que moi. Cette gentillesse est effroyable car ce n’est jamais par gentillesse que je suis gentil, c’est par lassitude et surtout par peur de l’exaspération. Je suis prompt à m’exaspérer et je vis très mal ces exaspérations, alors je les évite comme la peste.

_ Vous méprisez la gentillesse ?

_ Vous ne comprenez rien à ce que je raconte. J’admire la gentillesse qui a pour origine la gentillesse ou l’amour. Mais connaissez-vous beaucoup de gens qui la pratiquent, cette gentillesse-là ? Dans l’immense majorité des cas, quand les humains sont gentils, c’est pour qu’on leur fiche la paix.

Amélie Nothomb ~ Hygiène de l’assassin (Le livre de poche p. 25)

 

_ Que pensez-vous de la crise du golf ?

_ Rien.

_ Mais encore ?

_ Rien.

_ Cela vous est indifférent ?

_ Pas du tout. Mais ce que je pourrais en penser n’a aucun sens. Ce n’est pas à un obèse qu’il faut demander son opinion sur cette crise. Je ne suis ni général, ni pacifiste, ni pompiste, ni irakien.

Amélie Nothomb ~ Hygiène de l’assassin (Le livre de poche p.36)

 

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Vue des confins de l’espace, la Terre n’est pas plus grosse qu’un grain de poussière. Souviens-t-en la prochaine fois que tu écriras le mot « humanité ».

Paul Auster ~ Dans le scriptorium (Actes Sud p.15)

 

 

Vous faites ce que vous avez à faire, et puis il se passe des choses. C’est comme ça. Nous pouvons avoir à en souffrir, mais ce n’est pas sans raison, il y a une bonne raison, et quiconque s’en plaint ne comprend pas ce que signifie le fait d’être en vie.

Paul Auster ~ Dans le scriptorium (Actes Sud p.34)

 

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W. se consacrait à l’escroquerie sur une échelle tellement vaste qu’il ne s’agissait plus de crime – il s’agissait d’affaires. Quelque part dans l’organisme de son empire, il y avait aussi de la substance. Trois ressources revenaient continuellement dans la hiérarchie. Les actifs suédois nets étaient inattaquables et authentiques, exposés au vu et au su de tous, avec bilans et contrôles. L’activité américaine était solide et une banque à New York servait de base pour tout argent en mouvement. L’intéressant dans l’histoire était les activités de sociétés bidon dans des coins comme Gibraltar, Chypre et Macao. W. était comme un bazar où l’on traitait du trafic d’armes, du blanchiment d’argent de sociétés louches en Colombie et d’affaires particulièrement peu orthodoxes en Russie.

Stieg Larsson ~ Millénium 1 ~ Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. (Actes Noirs / Actes Sud p. 543)

 

Mickael Blomckwist (…) était un homme bon, à la rigueur avec un complexe de premier de la classe un peu trop prononcé par moments. Et malheureusement d’une naïveté insupportable dans certaines questions élémentaires de morale. Il était d’une nature indulgente et prompte à pardonner, qui cherchait des explications et des excuses aux actions d’autrui, et qui ne comprendrait jamais que les fauves de ce monde ne connaissent qu’un langage. Elle ressentait presque un instinct de protection inconfortable quand elle pensait à lui.

Stieg Larsson ~ Millénium 1 ~ Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.(Actes Noirs / Actes Sud p. 544-545)

 

( …) il faut distinguer deux choses – l’économie suédoise et le marché boursier suédois. L’économie suédoise est la somme de toutes les marchandises et de tous les services qui sont produits dans ce pays chaque jour. Il s’agit des téléphones de chez Ericsson, des voitures de chez Volvo, des poulets de chez Scan et des transports qui vont de Skivuna à Skôvde. Voil0 l’économie suédoise et elle est exactement aussi puissante ou faible aujourd’hui qu’elle l’était il y a une semaine.

(…) La bourse c’est tout autre chose. Il n’y a aucune économie et aucune production de marchandises ou de services. Il n’y a que des phantasmes où d’heure en heure on décide que maintenant telle ou telle entreprise vaut quelques milliards de plus ou de moins. Ca n’a absolument rien à voir avec la réalité, ni avec l’économie suédoise.

_ Vous voulez donc dire que ça n’a aucune importance que la Bourse soit en chute libre ?

_ Non, ça n’a pas la moindre importance. (…) Cela signifie seulement qu’un tas de spéculateurs sont actuellement en train de transférer leurs portefeuilles boursiers des entreprises suédoises vers les entreprises allemandes. Ce sont donc les hyènes de la finance qu’un reporter avec un peu de couilles devrait identifier et mettre au pilori comme traîtres à la patrie. Ce sont eux qui systématiquement et sciemment sapent l’économie suédoise pour satisfaire les intérêts de leurs clients.

Stieg Larsson ~ Millénium 1 ~ Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.(Actes Noirs / Actes Sud p. 560-561)

 

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Que votre être soit votre seule demeure.

Xavier Bazot ~ Camps volants

 

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Je crains que ma faute commise à l’égard des dieux ne me vaille en retour de l’honneur chez les hommes.

Platon ~ Phèdre

 

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Les espèces évoluent seulement pour faire face aux pressions de nouveaux milieux. Dans un milieu stable, une espèce peut rester inchangée pendant des millions de siècles. L’homme primitif évoluait rapidement parce que son milieu était dur et changeant. Mais une fois que l’Humanité a appris à créer son propre milieu, elle en a créé un d’agréable et de stable, et c’est pourquoi tout naturellement elle a cessé d’évoluer.

Isaac Asimov ~ La fin de l’éternité (Folio S-F p. 330)

 

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Les innocents, ça n’existe pas. Par contre il existe différents degrés de responsabilité.

Stieg Larsson ~ Millénium 2 ~ La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. (Actes Noirs / Actes Sud p. 421)

 

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Je ne puis regarder une feuille d’arbre sans être écrasé par l’univers.

Victor Hugo

 

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D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l’air, l’air invisible est plein d’inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m’éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. – Pourquoi ? – je descends le long de l’eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m’attendait chez moi. – Pourquoi ? – Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables ? Comme il est profond ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau…avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l’air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement de l’air et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation de la nature… avec notre odorat, plus faible que celui du chien… avec notre goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin !

Ah ! Si nous avions d’autres organes qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !

Maupassant ~ Le Horla

 

« Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jatte aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, - l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir ? Il existe pourtant. » Je me tus devant ce simple raisonnement. Cet homme était un sage ou peut être un sot. Je ne l’aurais pas pu affirmer au juste ; mais je me tus. Ce qu’il disait, je l’avais pensé souvent.

Maupassant ~ Le Horla

 

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Il faut bâtir une conception de l’abondance maîtrisée et donc frugale, permettant à chacun d’accéder à ce qui lui est essentiel, plutôt que de vouloir généraliser le superflu eu détriment du vital pour beaucoup.

J.B. de Foucault (Inspecteur général des finances)

 

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Dans un monde parfait, tous les gens devraient être comme les chats à deux heures de l’après-midi.

Gregory Robert David ~ Shantaram (Flammarion p.65)

 

Les hommes laids éprouvent ce sentiment obscur – moins que de la haine, mais plus que du mépris – pour les hommes beaux.

Gregory Robert David ~ Shantaram (Flammarion p. 91)

 

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“Nous voyons le passé lointain tous les jours. » (...) La nuit était tombée. Une tapisserie cristalline brillait dans le ciel noir. « La lumière de ces étoiles met des millions d’années avant d’arriver sur Terre », expliqua-t-elle. _ Elles n’existent peut être plus, mais nous continuerons à les voir pendant très longtemps… Chaque fois que nous regardons le ciel nocturne, nous reculons de millions d’années. Nous pouvons voyager dans le temps rien qu’en nous penchant à une fenêtre. »

José Carlos Somoza ~ La théorie des cordes (Lettres hispaniques / Actes sud p. 70)

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Le destin consiste toujours à oublier. (…) La vie, la véritable vie, se trouve dans le présent, capturée sur un polaroïd posé sur la table, avec ses yeux grands ouverts posés sur le monde. »

José Carlos Somoza ~ La dame numéro treize (Babel / Actes Sud p. 558)

 

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Chrysler avait joué le rôle de grand frère qu’il n’avait pu avoir. Pour lui, penser était un acte intrinsèquement dangereux, par sa nature même. Si ce que tu penses ne te conduit pas à prendre un risque, aussi mince soit-il, alors autant t’abstenir, lui répétait-il souvent depuis son plus jeune âge. Pense toujours contre toi-même. Pense toujours que le véritable danger c’est de ne pas l’affronter.
Youri avait fini par se dire, au fil des ans, que la pensée, selon Chrysler, était une forme de guerre silencieuse, et qui ne souffrait pas la moindre pitié.

Maurice G. Dantec ~ Grande jonction (Le livre de poche p. 121)

 

 

 

Youri n’avait strictement rien dit, ni fait le plus petit geste, ni même laissé s’inscrire la moindre expression sur son visage.
Conserver toujours la distance avec soi-même, répétait Chrysler Campbell.  (p.147)

 
La mort avait de nombreux alliés en ce monde. En premier lieu ceux qui étaient condamnés à mourir. (p.155)

 
Il n’y a qu’une chose équitable en ce monde, Pluto, et c’est la mort. Au demeurant, elle est en train de devenir le monde, l’égalité totale du berceau jusqu’à la tombe, qui bientôt ne feront plus qu’un. Alors épargne moi tes couplets humanistes je te prie. (p.167)

 
_ La fin du monde finira quand le monde sera fini, Youri, donc quand nous serons tous morts.
_ C’est possible, Chrysler, mais on peut aussi analyser le phénomène autrement:la mort de l’homme est un passage. La fin du règne sans fin de la mort serait donc bien le début du règne de la vie éternelle. (p.207)

 
La bibliothèque de Djordjevic contenait beaucoup de secrets. Des secrets qui n’était pourtant pas scellés dans quelque oubliette interdite d’accès, ni derrière le rideau de fumée d’un « code Da Vinci », ou autres fariboles parfumées à un mysticisme adapté au goût des lecteurs des suppléments culturels, et qui avaient fait les beaux jours de cet art disparu qu’on avait pendant quelques siècles appelé « littérature ».
Les secrets étaient contenus dans des livres qui n’étaient ni interdits ni introuvables, même si certains pouvaient à la rigueur faire figure de raretés. (p.255)

 
Le shérif Langlois avait planté ses yeux plus noirs que la nuit dans le regard du jeune chasseur de primes. Pas d’animosité. Aucun sentiment amical non plus. Même pas de l’indifférence. C’était simplement l’œil de la Loi d’Airain, avait pensé Youri. C’est juste l’œil qui surveille, l’œil qui contrôle, l’œil qui s’assure que toutes les procédures de sécurité sont bien respectées. C’est l’œil qui voit tout parce qu’il ne s’attache à rien de précis. (p.275)

 

N’hésite jamais à te servir de la peur. La peur est un langage. Le langage qui tue la pensée. Le langage qui tue la volonté. (p.363)
 

Il y a deux sortes de dangers (…) : les dangers que l’on sous-estime, les dangers que l’on surestime. Un danger que tu prends à sa juste mesure se transforme en un simple problème. Un problème implique des solutions. Un danger ne comporte que des risques. (p.394)


Il faut comprendre ce qu’on expliqué des hommes comme Duns Scot au sujet du « Premier Principe ». Ils rejoignaient souvent certaines inspirations de la Kabbale. Par exemple, le fait que le Dieu Un et Trine : Père, Fils et Saint-Esprit, est créateur du Monde mais n’est aucunement créé, donc ne fait pas partie intégrante de la Création, ce Dieu est « métacosmique ». Mais en étant de cette nature cela signifie qu’il engendre toutes les causes phénoménales, même les premières, et tous les principes, même les premiers. Il se situe donc étrangement en rapport avec le Néant. Puisque s’il se situe avant le Un, il devrait être considéré comme le zéro. Or, précisément, c’est là notre erreur la plus commune. Et ce fut aussi celle du dominicain saxon Eckhart. Car il ne se situe pas avant le Un, puisqu’il est l’ensemble, à la fois Un et Infini, des nombres qui viennent après l’infini aristotélicien, l’infini contingent. Il est l’ensemble infini des nombres transfinis. Ainsi il est bien une sorte d’anti-zéro, puisque le zéro est aussi un nombre qui correspond à un ensemble, l’ensemble vide, qui est une inversion absolue de l’infini. Duns Scot avait en quelque sorte parfaitement anticipé les mathématiques de Cantor et de Dedekind, avec six siècles d’avance. (p.408)
 

(…) n’oublie jamais la règle du Territoire : Si ton attaque se déroule à la perfection, c’est une embuscade. (p.615)
 

Tout, disait Duns Scot, dans un individu, est individué, donc infini. (p.621)
 

Welcome to the territory, the Earth is black like a Clockwork Orange. (p.622)
 

La différence fondamentale entre l’infini numérique aristotélicien et l’infini ontologique de Scot c’est que le premier n’est jamais qu’un infini « en puissance », toujours remis à plus tard, indéfiniment, par l’adjonction « potentielle » d’un nombre à la série, alors que le second est le véritable infini, totalement actualisé, dont toutes les parties, même les plus infimes, sont infinies, et auquel absolument rien ne peur être adjoint puisqu’IL EST ABSOLUMENT TOUT. (p.625)

 
Tout est vivant, dans l’infinité des multiples, mais tout est surtendu vers l’au-delà de sa physique, vers l’infini absolu de l’Unique. Jamais une telle joie n’a jusque là accompagné en lui la compréhension d’un problème « abstrait ». Une joie qui ne ressemble à aucune autre, la joie même de l’embrasement. (p.626) 

 
On ne peut accéder à l’infini en accumulant des totalités finies. L’infini impose un saut cognitif radical, et ce saut cognitif, selon Scot, est un acte de volonté absolu. Il faut donc l’acte libre et souverain qui seul crée des vérités à partir de la réalité. Il faut l’acte libre et souverain capable de faire face à l’Infini en Acte. (p.629)

 
Il avait fini par comprendre qu’il n’avait guère le choix. S’il avait eu le moindre choix, il aurait perdu toute authentique liberté. (p.631)

 
Le cerveau des oiseaux est doté d’un dispositif gyroscopique neuronal qui leur permet de « sentir » la présence et la localisation exacte des lignes de conduction magnétique qui irriguent la planète, c’est grâce à ce sixième sens qu’ils peuvent traverser des océans et des continents entiers, des hémisphères, sans se perdre d’un centimètre. (p.708)

 
C’est étrange, un combat qui ne va durer que quelques minutes ne peut être raconté autrement que s’il s’était poursuivi pendant des heures. La raison en est que dans un combat chaque seconde est directement reliée à la mort, chaque seconde est reliée à l’infini, chaque seconde dure une vie puisqu’elle peut être celle du tout dernier instant.
La seule solution reste la métaphore épique, l’ellipse encerclant la métaphysique de la Guerre, la poésie rouge du dieu Mars.
La Danse des sabres. Le Chant des lames. La Musique des couteaux. (p.865)

 
La Mort n’existait pas, elle n’était que le simulacre laissé par la chair organique du corps, tandis que sa structure luminique cachée passait sur un tout autre plan quantique. La Mort n’existait pas, et pourtant elle avait régné sur l’humanité durant des millénaires.
(…) Elle n’était au final qu’une banale illusion d’optique, cachant l’existence d’un autre Vaisseau vers l’Infini (…)

                          (Maurice G. Dantec ~ Grande Jonction ~ Le livre de poche, p.882)

 

 

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Au fond, ce que j’aimais dans l’acte d’amour, (…), c’est cela : embrasser une femme, la tenir dans mes bras, lui signifier ma protection en échange de sa tendresse. Le reste n’a que peu d’importance, un peu de frénésie au bout d’un membre, quelques mots crus pour se croire libéré, deux ou trois roueries de technicien pour provoquer la jouissance de l’autre.

Patrick Poivre d’Arvor ~ La mort de Don Juan (Le livre de poche p.33)

 

(…) j’avais beaucoup observé mes congénères mâles et les avais jugés brutaux, sans finesse avec les dames. Sexe faible disaient-ils. Il n’était qu’à voir leur maladresse, leur gaucherie face à cette espèce étrangère, pour se persuader que la force n’était pas toujours là où on la situait. (p.64)

 

Dans les temps ordinaires, l’élocution n’était déjà pas son fort. Elle ne s’exprimait que parcimonieusement, moins par peur de déranger que par absence d’intérêt. La conversation urbaine lui paraissait vaine, l’échange social futile. Elle n’avait rien à dire qui puisse marquer l’histoire de l’humanité ; elle gardait donc tout pour elle, l’accessoire comme l’essentiel. De là venait son étrangeté en société. Les plus sots voyaient en elle une ravissante idiote, les plus curieux brûlaient de percer le mystère de cette singulière créature.

Patrick Poivre d’Arvor ~ La mort de Don Juan (Le livre de poche p. 74)

 

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