DELICIEUX SILENCE SOUS LE SAULE

 

 

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Les moteurs continuent de râler depuis ce pont

Sous lequel attendent ma douleur et ma confusion.

Assis contre un géant protecteur de transition

J’envoie mes sens en quête de plus sages informations.

 

Peut être ce saule pleure-t-il pour ceux qui sont derrière,

En tous cas il rit  aux éclats en s’adressant à ses frères

Quand passe le vent chatouilleur que ne gène la rivière,

Propulsant feuilles et pollen sur le chemin des airs.

 

Des particules de vie blanche se laissent flotter ensuite

Tellement délicatement, elles ne sont pas en fuite….

Elles m’enseignent des merveilles qu’on ne m’a jamais dites,

Mais qui en mon être pour l’éternité sont inscrites.

 

Alors qu’il s’est appliqué à ne faire aucun bruit,

Un oiseau est venu se percher dans mon abri.

C’est le grand astre, taquin parfois, qui l’a trahi

En projetant son ombre sur de nombreux taillis.

 

Les rayons, pour moi filtrés par les branches tombantes,

Profitent à un lézard d’une humeur fainéante 

Totalement immobile sur la dalle brûlante,

Qui sera de cette journée sa meilleure amante.

 

Sorti de mon hypnose par le clapotis de l’eau,

Je n’aperçois rien en levant la tête aussitôt.

Peut être un caillou lancé plus loin par un badaud,

Ou un poisson chassant en surface le temps d’un saut.

 

Une fourmi, dans l’instinct de conquête immuable,

Tente l’ascension de mon bras. Un contact agréable ;

Ainsi j’autorise cet entraînement préalable

Au défi lancé par le grand arbre vénérable.

 

Des effluves se mélangent, errantes et douces,

Les impressions s’y déposent comme sur de la mousse ;

L’herbe coupée, la vase, les jeunes fleurs en pousse,

L’odeur des croissants, charmante intruse qu’on ne repousse…

 

Les pensées ne passent plus, les émotions s’anoblissent.

Mais le subtil serpent subrepticement s’immisce,

En ses passages silencieux sous les désirs se glisse,

Attisant la convoitise afin que j’obéisse.

 

A nouveau se manifeste la complainte urbaine

Pour laquelle au moins je n’éprouve plus tant de haine.

Je repars donc plus serein vers le sein de la reine,

Endossant au passage mon sac de peurs et de peines. 

 

 

                                                                                                                 

                                                                                                                     été 2005


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