Il faut être plus humble que la poussière pour mériter la vérité.
Je crois au message de vérité qui nous vient de tous les fondateurs de religions du monde.
Par religion, je n’entends pas un ensemble de rites et de coutumes, mais ce qui est à l’origine de toutes les religions et qui nous met face avec le Créateur.
Les formes sont multiples mais l’esprit qui informe toute chose est unique. A quoi bon vouloir distinguer supérieur et inférieur lorsqu’une unité fondamentale est sous-jacente à la diversité des êtres et les embrasse tous ? C’est un fait qui s’impose à chacun de nos pas. Et le but ultime de toute religion est de nous faire réaliser cette unité essentielle.
(…) elle nous transforme et nous lie d’une manière indissoluble à la vérité qui se trouve en nous et qui purifie toutes choses. C’est cette réalité, indélébile et intérieure à l’homme qui ne nous demande jamais trop de sacrifices pour trouver son expression la plus complète. L’âme n’a de cesse que le jour où cette force prend pleine conscience d’elle-même, de son Créateur et du vrai lien qui les unit tous deux.
L’homme est un être limité. En tant que tel, il ne connaîtra jamais pleinement la Vérité et l’Amour qui tous deux sont infinis. Mais nous en avons une connaissance suffisante pour guider nos pas.
Tant que nous sommes emprisonnés dans cette carcasse, il nous est impossible d’appréhender parfaitement la Vérité. Seule notre imagination peut nous permettre d’anticiper ce moment. L’instrument éphémère qu’est notre corps nous empêche de voir face à face la Vérité qui, elle, est éternelle. C’est pourquoi tout dépend en dernier ressort de notre foi.
Une force mystérieuse et indéfinissable pénètre tout ce qui est. Je le sens, bien que je ne le voie pas.
[…] Tandis qu’autour de moi tout change et tout meurt, je perçois vaguement, sous ces apparences changeantes, une Force de Vie qui demeure immuable et soutient tous les êtres : créés par Elle, ils s’y dissolvent pour être à nouveau créés. Cette Force, cet Esprit qui informe toute chose n’est autre que Dieu. Et comme nos sens ne nous montrent rien qui subsiste j’en déduis que Dieu seul est.
Cette force est-elle bienveillante ou malveillante ? Pour moi, cela ne fait aucun doute : elle est foncièrement bienveillante. Car la vie persiste au cœur même de la mort, la vérité rayonne en dépit du mensonge qui l’entoure, et la lumière resplendit dans les ténèbres. J’en déduis que Dieu est Vie, Vérité et Lumière. Il est Amour. Il est le Suprême Dieu.
Je sais par ailleurs que je ne connaîtrai jamais Dieu si je refuse de combattre le mal et d’aller dans cette lutte jusqu’au sacrifice de ma vie. Mon humble expérience, avec ses limites, me fortifie dans cette croyance. Plus je m’efforcerai d’être pur, plus je me sentirai près de Dieu. Quelle ne sera pas sa proximité quand ma foi ne se réduira plus comme aujourd’hui encore, à une simple justification, mais deviendra immuable comme les Himalayas et aussi resplendissante que la neige qui couronne leurs pics ?
Cette croyance en Dieu doit s’appuyer sur la foi qui transcende la raison. Même pour parvenir à ce qu’on appelle la « réalisation », il faut à la base, le soutien de la foi. C’est voulu par la nature même des choses. Qui peut transgresser les limites de son être ? Je prétends qu’il est impossible d’arriver à une réalisation parfaite tant que nous sommes dans ce corps. Mais de toutes façons, ce n’est pas nécessaire. Il suffite d’avoir une foi vivante et inébranlable pour atteindre les plus hauts sommets qui soient accessibles à notre nature. Dieu n’est pas extérieur à notre enveloppe de chair. Par conséquent, toute preuve tirée du dehors n’a que peu de valeur, pour ne pas dire aucune. Nous ne pourrons jamais Le percevoir au moyen des sens. Il est au-delà, nous pouvons Le pressentir, à condition de nous retirer de nos sens. La musique divine ne cesse jamais de faire entendre ses harmonies en nous-mêmes, mais la vie des sens est si bruyante qu’elle noie cette subtile mélodie, différente de tout ce que l’ouïe peut discerner et infiniment supérieure à toute réalité sensible.
Les circonstances de ma vie m’ont mis en rapports étroits avec des gens de croyances diverses et venant de différentes communautés. Or (…) je n’ai jamais fais de distinction entre les hommes, qu’il s’agisse de leur degré de parenté, de leur nationalité, de leur couleur ou de leur religion. Mon cœur s’est toujours refusé à ce genre de discriminations.
S’il convient de s’opposer à certains systèmes et de les détruire, au contraire, le fait de s’en prendre à leurs auteurs reviendrait à vouloir se prendre soi-même pour cible. Car c’est le même pinceau qui nous a tous dessinés. Nous sommes les enfants d’un seul et même créateur ; et, à ce titre, nous avons en nous des forces divines qui sont infinies. Maltraiter ne serait-ce qu’un seul être humain, c’est porter atteinte à ces forces divines et nuire, de ce fait, aux autres hommes.
L’Histoire m’a enseigné une vérité importante ; quelle que soit la noblesse d’une cause à défendre, la haine et la violence compromettent la paix que l’on recherche et font redoubler la haine et la violence.
Je me considère comme incapable de haïr qui que ce soit. Depuis quarante ans, grâce à la prière et à la suite d’un long travail sur moi-même, je n’ai plus jamais haï personne. (…)
En revanche je hais le mal sous toutes ses formes.
Tu dois haïr le péché mais non le pécheur.
Je ne porte pas de jugements sur le monde et ses méfaits. Etant moi-même imparfait et ayant besoin de tolérance et de charité, je tolère à mon tour les défauts du monde jusqu'à ce que je trouve ou ménage le joint qui me permettra d'y porter remède.
Quand j'arriverai à ne plus commettre le moindre mal et que je me serai débarrassé de toute pensée hautaine ou dure si fugitive soit-elle, alors, mais alors seulement, les coeurs les plus endurcis seront ébranlés par ma non-violence.
Pour ne jamais s’égarer sur cette voie de la non-violence, il faut constamment s’en remettre à Dieu, être toujours prêt à faire abnégation de soi et avoir la plus grande humilité. Pour pratiquer la non-violence il faut être intrépide et avoir un courage à toute épreuve. J’ai conscience de mes manques et ils me navrent.
Mais la lumière qui demeure en moi brille de tout son éclat et n’est jamais défaillante. Il n’y a pas d’issue possible en dehors de la vérité et de la non-violence. Je sais que la guerre est un mal, un crime sans excuses. Je sais également qu’il faut tout mettre en œuvre pour que ce fléau ne revienne plus jamais. Je suis persuadé qu’une liberté obtenue par des moyens malhonnêtes ou par le sang des autres n’est pas la liberté. J’aimerais mieux qu’on trouve absolument indéfendables tous les actes dont on me tient rigueur, plutôt que de voir une seule de mes actions interprétée comme une entorse à la valeur de la non-violence ou faire croire que j’ai pu un seul instant pencher en faveur de la violence ou du mensonge. Ni le manque de vérité, ni la violence, mais seules la non-violence et la Vérité peuvent répondre à la loi de notre être.
Celui qui est entièrement immergé en Dieu s’en remet à Lui, sans se soucier des échecs ou des succès, il Lui offre tout.
Il me faudra m’anéantir complètement. Tant qu’un homme ne se met pas, de son plein gré, à la dernière place, il n’est pas de salut pour lui. L’ahimsâ se situe à l’extrême limite de l’humilité.
J’ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L’expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C’est ce qui fait dire au poète : « le sentier de l’amour passe par l’épreuve du feu ; les timorés s’en détournent. » Le sentier de l’ahimsâ, c'est-à-dire de l’amour, doit souvent être parcouru en toute solitude.
Venir à bout des passions les plus cachées me semble bien plus dur que de conquérir militairement le monde par la force des armes.
Une expédition pour conquérir le sommet de l’Himalaya présente certaines conditions requises pour connaître le succès. La difficulté qu’il y a remplir ces conditions ne rend nullement impossible l’expédition. Cela ne fait qu’ajouter de l’intérêt et du piquant à cette recherche. En comparaison, toute expédition en quête de Dieu ou de la Vérité est bien plus passionnante encore. Si rien ne vient stimuler notre tentative, c’est que notre fois manque de force. Nous trouvons plus réel que l’Unique Réalité ce que l’œil nous montre.
A moins de se détacher de toutes ces frivolités, cette recherche magnifique est impossible à entreprendre. Ou alors faudrait-il en faire l’objet de nos moments perdus ?
La vie est une aspiration à la perfection, à l’accomplissement de soi. Il ne faut pas abaisser cet idéal à cause de nos faiblesses ou de nos imperfections. Les miennes ne m’échappent nullement ; elles me désolent. Chaque jour je supplie silencieusement la Vérité de me venir en aide pour m’en débarrasser.
L’esprit me tire d’un côté et la chair de l’autre. La liberté vient de l’action conjuguée de ces deux forces mais on n’y parvient lentement qu’après maintes étapes et pénibles difficultés. La liberté ne me viendra pas d’un refus systématique d’agir mais d’une action réfléchie et menée avec détachement. Cette lutte aboutit à constamment crucifier la chair pour mieux libérer l’esprit.
Si je n’avais pas réussi à m’imposer certaines restrictions, je serais devenu depuis longtemps un être plus que bestial et cela m’aurait conduit à ma perte. Heureusement, j’ai pris conscience de mes défauts et je me suis efforcé d’en venir à bout. C’est grâce à cet acharnement que, durant toutes ces années, mon corps, loin de me trahir dans ma tâche, a pu m’aider à l’accomplir.
Tout d’abord, j’essayai un régime à base de fruits ; mais je n’y trouvai guère de profit sur le plan de l’ascèse. Car, avec un peu d’habitude, cette nouvelle alimentation me paru plus savoureuse encore que toutes les céréales dont je faisais auparavant mon ordinaire. Il me sembla donc plus important de jeûner ou de ne prendre qu’un seul repas les jours d’observance. Et s’il se présentait une occasion de faire pénitence, j’étais trop heureux d’en profiter pour jeûner.
Toutefois, ce régime ayant purifié l’organisme, je m’aperçus que l’appétit s’aiguisait et que le plaisir de manger était plus vif. Le jeûne m’apparut alors comme pouvant être aussi bien une source de plaisir qu’un moyen d’ascèse.
Le jeûne ne peut aider à dominer le côté animal de notre nature que si on le pratique avec l’intention de se dominer soi-même. Car certains de mes amis ont effectivement remarqué qu’après avoir jeûné, leur sensualité s’en trouvait exacerbée. Il est donc parfaitement vain de vouloir jeûner sin on ne s’efforce pas en même temps de parvenir à la maîtrise de soi.
Le jeûne n’est qu’un moyen pour arriver à se contrôler. Il ne suffit pas de faire jeûner son corps. Il faut également y soumettre son esprit ; sinon le risque est grand de verser dans l’hypocrisie et d’aboutir au désastre.
Diminuer en qualité et en quantité son régime alimentaire est aussi nécessaire que contrôler ses pensées et tenir sa langue, si on veut vivre dans cette crainte de Dieu qui nous conduira un jour à Le voir face à face.
Quand les organes des sens sont soumis aux exigences de la santé et que le corps obéit à l’âme, le désir de jouir perd son pouvoir tyrannique et nos fonctions physiologiques répondent aux intentions de la nature.
On ne fera jamais assez d’expériences et de sacrifices pour atteindre ce degré de parfaite harmonie avec la nature. Malheureusement, de nos jours, le courant va en sens contraire avec une force redoublée. On n’hésite plus à sacrifier une multitude d’autres vies pour entourer d’aises et de parures un corps qui n’est que périssable ou pour prolonger de quelques instants son existence éphémère. De cette manière, nous nous condamnons, corps et âme, à notre propre perte.
Le couple conscient de ses devoirs n’aura jamais de rapports sexuels pour le seul plaisir charnel, mais uniquement pour répondre au désir d’avoir un enfant. Je trouve qu’en ce domaine le comble de l’ignorance est de croire que l’acte sexuel répond à une nécessité indépendante de toute autre considération, comme le fait de dormir ou de manger. Or ces considérations existent : la population du globe n’augmentera de manière harmonieuse que si l’homme maîtrise son instinct génésique. Le sort de notre planète en dépend et le devoir nous incombe d’autant plus que le monde est un miroir où Dieu aime à voir jouer les reflets de Sa propre gloire. Celui qui est persuadé du bien-fondé de cette exigence, contrôlera, coûte que coûte, son activité sexuelle, sans oublier d’acquérir les connaissances nécessaires au développement spirituel, intellectuel et physique de ses enfants. Il veillera enfin à ce que ce patrimoine de sagesse soit transmis à la postérité.
L’esprit ans lequel je me suis rapproché du brahmacarya m’a irrésistiblement conduit à voir en toute femme la mère de l’homme.
Je n’ai aucune attirance pour le prestige, simple décor qui convient à la cour d’un roi. Je suis le serviteur des musulmans, des chrétiens, des Parsis et des juifs tout autant que des hindous. Et pour servir, c’est d’amour dont j’ai besoin, et non de prestige. Tant que je serai fidèle à la cause que je sers je n’aurai pas à craindre de manquer d’amour.
Je suis un pauvre mendiant. J’ai pour tous biens terrestres six rouets, quelques écuelles de prisonnier.
Une fois pris dans le tourbillon de la politique, je me suis demandé ce qu’il fallait faire pour rester intègre et fidèle à la Vérité, et résister aux tentations qu’entraîne la recherche du succès en ce domaine. La réponse me parut évidente : si je voulais servir ceux dont je partageais la vie et dont je connaissais les difficultés pour en être jour après jour le témoin, il me fallait renoncer à toute richesse et me défaire de toute possession.
Il serait faux de dire qu’après avoir pris cette décision, je fus capable de la mettre à exécution du jour au lendemain. Je dois au contraire vous avouer qu’au début les choses allèrent lentement et non sans douleur. Mais, au fil des jours, je m’aperçus que je devais jeter par-dessus bord beaucoup d’autres choses que je considérais comme miennes et que j’éprouvais une joie réelle à m’en débarrasser peu à peu, à un rythme qui allait d’ailleurs en s’accélérant. Je me sentis alors comme libéré d’un grand poids. Je n’étais plus gêné dans mes mouvements et c’est avec une joie encore plus grande que je me consacrais au service de mes compatriotes.
La moindre possession me parut alors encombrante et même insupportable.
M’interrogeant sur les causes de ma joie, je m’aperçus que si je voulais garder quelque chose pour moi, je devais défendre mon droit de propriété contre le monde entier. En effet, beaucoup d’autres gens voulaient cette chose qui leur faisait défaut. Et un jour je serais amené à faire appel à la police, si des gens affamés, me rencontrant seul, voulaient non seulement partager mon bien mais me déposséder. Pourtant, s’ils agissent ainsi, me disais-je, ce n’est point par malice, mais parce qu’ils ont beaucoup plus besoin que moi de cette chose.
Le fait de posséder me parut alors un crime. Il faut garder pour soi que les objets qui ne manquent pas aux autres. Mais cela n’existe pas. La non-possession est la seule chose qui soit à la disposition de tous. En d’autres termes, cela revient à renoncer volontairement à tout…
Je dois donc en toute logique abandonner mon corps à la volonté de Dieu, et tant que je dispose de cet instrument, je dois m’en servir non pour mener une vie de plaisirs mais pour servir les autres à toute heure du jour.
Il est certes impossible d’atteindre la perfection en matière de pauvreté volontaire et vouée. Mais ceux qui dans ce domaine ont été aussi loin que possible n’hésitent pas à affirmer que le jour où vous vous dépossédez de tout, vous recevez tous les trésors du monde.
Toute ma vie j’ai été habitué à ce que les autres se trompent sur mon compte. C’est le lot de tout homme public. Il lui faut une solide cuirasse ; car s’il fallait donner des explications pour le justifier quand on se méprend sur vos intentions, la vie deviendrait insupportable. Je me suis fait une règle de ne jamais intervenir pour rectifier ce genre d’erreur, à moins que ne l’exige la cause que je défends. Ce principe m’a épargné bien du temps et des tracas.
Ma vie est un livre ouvert à tous. Je n’ai aucun secret et ne fais rien pour en avoir.
Il est bon de confesser ses erreurs. On s’en trouve plus fort. Cet aveu est comme un bon coup de balai qui enlève toute la poussière et laisse les lieux plus propres qu’avant. C’est également nécessaire chaque fois qu’il faut revenir sur ses pas à la suite d’une erreur d’orientation. La cause que l’on défend en est fortifiée. Si on persiste à se fourvoyer dans une mauvaise voie on est sûr de ne jamais atteindre sa destination.
Mes défauts et mes échecs sont tout autant une bénédiction de Dieu que mes dons et mes réussites ; je les dépose aux pieds de Son autel. Pourquoi a-t-Il choisi l’instrument imparfait que je suis pour une oeuvre si grande ? Je pense qu'Il l'a fait délibérément. Il fallait venir en aide à des millions de pauvres ignorants qui souffrent en silence. Un homme parfait les aurait découragés d'avance. Au contraire, tous les espoirs leur semblèrent permis quand ils virent s'avancer sur la même voie de l'ahimsâ un homme comme eux avec les mêmes faiblesses. Quelqu'un de parfait serait resté méconnu. On aurait pas vu en lui le chef qu'il fallait et on l'aurait peut être relégué dans une caverne. Celui qui me suit peut fort bien devenir plus parfait et il se pourrait même que vous receviez de lui un message.
Plus la lutte est rude, plus intense est mon sentiment de communion avec Dieu et plus profonde ma foi en Sa Grâce surabondante. Aussi longtemps que cet état demeure, je sais que je suis dans le bon chemin.
Tiens bon, même si tu es seul et si tout le monde est contre toi. Regarde-les droit dans les yeux même si les leurs sont injectés de sang. N’aie pas peur. Fais confiance à cette petite voix du cœur qui te demande d’être disposé à abandonner amis, femme, tout et tous. Soit prêt à mourir pour témoigner de ce qui donne un sens à ta vie.
Si tant de mensonge déferle actuellement dur notre monde, c’est que chacun revendique les droits d’une conscience éclairée sans même s’être soumis à la moindre discipline. Avant toutes choses, il faut, pour découvrir la Vérité, avoir une très grande humilité. Pour pénétrer au cœur de cet océan qu’est la Vérité, il faut se résoudre à n’être plus rien.
« Celui qui lutte sans relâche aura la vie éternelle. » J’ai une fois implicite en cette promesse. J’ai beau être tombé des milliers de fois à cause de ma faiblesse, je n’en garde pas moins l’espoir de voir la Lumière, le jour où la chair aura parfaitement été maîtrisée.
Je ne suis qu’un chercheur de Vérité.
Dans un monde « cerné par les ténèbres » je me fraye un chemin vers la lumière. Souvent je me trompe et fais des erreurs de calcul…
En Dieu seul j’ai confiance ; et c’est parce que je crois en lui que je me fie aux hommes. Si je n’avais pas Dieu pour établir la confiance, je serais, comme Timon, un homme plein de haine pour ses semblables.
Il se peut que je n’aie pas le courage de suivre la ligne droite. (…) le doute résulte invariablement d’un manque de foi. C’est pourquoi, jour et nuit, je prie Dieu d’affermir ma foi.
Malgré l’humiliation, la tempête et ce qu’on appelle la défaite, je suis capable de garder ma sérénité, car ma foi eu Dieu-Vérité est plus profonde que ces remous de surface.
Il se peut que je sois méprisable, mais dès que la Vérité se sert de moi pour s’exprimer, je suis invincible.
Il est impossible de s’identifier avec tout ce qui vit sans purification personnelle.
L’univers est gouverné par des règles morales.
J’avais fait de ma volonté de servir ma propre religion. Je sentais que c’était là le seul moyen pour aller à Dieu.
Il est remarquable que plus on explore la vérité, plus nombreux et variés sont les services qu’elle nous fait assumer.
J'aime mes compatriotes et les autres hommes d'un même amour parce que Dieu réside dans le coeur de chacun, et que j'aspire à la forme de vie la plus haute: le service de l'humanité.
Il serait vain pour moi, si j’étais menteur, de vouloir inculquer la franchise à mes enfants. Un lâche ne réussira jamais à enseigner le courage. Et comment initier les autres à se dominer si on en est soi-même incapable ? J’en tirai la conclusion qu’il me fallait être en permanence une leçon de choses pour ceux qui m’entouraient. Au fond, ce sont eux qui sont devenus mes maîtres, car je sentais que ma vie devait être irréprochable, ne fût-ce que pour leur bien.
Parmi les gens qui croient aux simples vérités que j’ai posées au fondement de mon action, seuls ceux qui règlent leur vie sur elles, sont capables d’en assurer le rayonnement.
Pour moi, le moindre de mes actes est commandé par ce que considère être ma religion.
Pour un véritable artiste, seul est beau le visage qui resplendit, non d’un vernis de surface, mais de l’éclat que lui donne la vérité intérieure de l’âme…Il n’y a pas de beauté en dehors de la Vérité.
Le poète a pour fonction de ranimer le bien qui sommeille au fond du cœur de chacun de nous ; et si son influence n’est pas la même sur chacun de nous, c’est que tout dépend de notre degré d’évolution personnelle. (cf. Victor Hugo: la fonction du poète ~Les rayons et les ombres~poésie Gallimard).