Lorsque le son précède le sens
L’essence procède à la leçon
Les mots s’enchaînent et se déchaînent de façon
A donner le sens au sens par les sens
Avec quelle aisance !...
Première – et dernière véritable – lecture du poème que je prononce à haute, claire et intelligible voix.
Est-ce jamais seulement pour moi ? Pour quelque hôte caché aussi peut être ? Ou encore pour quelque pur esprit que je réussis à interpeller par la fenêtre du sensible ?
Je ne suis jamais seul en tous cas, je le sais (et est-ce d’ailleurs ce que je recherche ?), ne serait-ce qu’avec la conscience de celui qui a écrit.
Nous sommes en tous cas au moins quatre, à différents états de potentialité, de matérialité, de temporalité…
Lorsque le son précède le sens
L’essence procède à la leçon
Où que je sois, dès lors que je suis sincère, je pressens ou perçois l’aura que je construis grâce aux paroles distillées par l’écrivain dont je ne suis que le canal, renouant avec je ne sais quoi de sacré.
Je laisse seulement couler dans l’éther ces sonorités qui sont le sens premier, véritable, fier et caché sous leur objet qui lui, ne jouit pas de leur spontanéité et de leur liberté. Il a cette lourdeur qui les freine dans leur essor ; il demande un effort, et l’impose même, comme pour les retenir dans la cage de mon corps.
Il faut alors user de patience et de malice ; s’arrêter et attendre que le cerveau ait assimilé l’information, pour continuer le chemin vers mon cœur qui lui est déjà loin devant, mais dans quelles directions ? Et avec quelle discrétion ?…
25.01.09