Introduction
Un jour, un jeune homme vint voir un sage et lui demanda : « Seigneur, que dois-je faire pour acquérir la sagesse ? » Le sage ne daigna pas répondre. Ayant répété plusieurs fois la question sans plus de résultat, le jeune homme finit par se retirer ; mais il revint le lendemain, les mêmes paroles sur les lèvres. Toujours pas de réponse ; il revint le troisième jour en répétant encore : « Seigneur, que dois-je faire pour acquérir la sagesse ? »
Finalement, le sage se dirigea vers une rivière voisine, et, entrant dans l’eau, pria le jeune homme de le suivre. Arrivé à une profondeur suffisante, il le saisit par les épaules et le maintint sous l’eau en dépit des efforts que faisait le jeune homme pour se libérer. Au bout d’un moment, le sage le relâcha et quand l’adolescent eut à grand-peine recouvré son souffle, le sage lui demanda : « Mon fils, quand vous étiez plongé dans l’eau, quel était votre suprême désir ? »
Sans hésitation, le jeune homme répondit : « De l’air, de l’air ! J’avais besoin d’air ! »
_ N’auriez-vous pas préféré la richesse, les plaisirs, la puissance ou l’amour, mon fils ? N’avez-vous songé à aucune de ces choses ?
_ Non, Seigneur, j’avais besoin d’air et ne pensais qu’à cela.
_ Et bien, repris le sage, pour acquérir la sagesse, il faut la désirer aussi intensément que vous désiriez de l’air, il y a un instant. Il faut lutter pour elle à l’exclusion de toute ambition dans la vie. Elle doit être votre seule et unique aspiration, nuit et jour. Si vous cherchez la sagesse avec une telle ferveur, certainement, mon fils, vous deviendrez un sage. » (p. 33)
Tout ce que nous sommes, tout ce que nous possédons, est le résultat d’un effort. (p.32)
La science de l’alimentation
Le corps, pendant tout le cours de la vie, est soumis à un processus de solidification.
Cette solidification est produite par des substances calcaires déposées par le sang, principalement su phosphate et du carbonate de chaux, qui ossifient les différentes parties du corps et les changent en os et en matières analogues.
Cette ossification détruit la flexibilité des vaisseaux, des muscles et d’autres parties du corps susceptibles de mouvement. Elle épaissit le sang et engorge complètement les capillaires, de telle sorte que la circulation des liquides et l’activité de l’organisme se trouvent diminuées dans leur ensemble, ce qui finit par provoquer la mort.
On peut retarder ce processus de solidification et prolonger la vie en évitant avec soin les aliments qui contiennent beaucoup de matière calcaire, en buvant de l’eau distillée et en favorisant l’élimination des déchets par la peau au moyen de bains fréquents. (p.447-448)
[…] il est très important que l’élève fasse d’abord un choix judicieux d’aliments sains qui ne déposeront dans le corps que la plus faible quantité de substances susceptibles de l’obstruer et qui, en même temps, entretiendront l’activité des organes d’assimilation et d’excrétion.
La peau et le système urinaire sauvent l’homme d’une mort précoce en éliminant la plus grande partie de la matière solide que nous absorbons avec nos aliments ; sans eux, pas un de nous ne pourrait vivre plus de dix ans.
On a calculé que l’eau de source ordinaire non distillée contient du carbonate de chaux et d’autres composés de chaux dans une telle proportion que la quantité habituelle consommée journellement par un adulte sous forme de thé, café, soupe, etc., suffirait pour former en l’espace de quarante ans un bloc solide de craie ou de marbre ayant les proportions d’un homme de grande taille. (p. 436)
Les bains aident beaucoup à maintenir la santé du corps, (…). La transpiration, quelle soit ou non perceptible, entraîne hors du corps plus de matière solide que n’importe quel autre procédé. (p.437)
Le lait, (…), ne contient pas, pour ainsi dire, de matière non assimilable, et il a sur le corps une influence qu’aucun autre aliment ne possède.
Le sucre est nuisible dans certaines maladies, telles que le diabète ou la dyspepsie, ou bien si on le garde longtemps dans la bouche sous forme de bonbons ; mais si on l’emploie avec modération quand on est en bonne santé, en augmentant peu à peu la quantité que l’on consomme au fur et à mesure que l’estomac s’y accoutume, on constatera qu’il est très nourrissant. (p. 438)
[…] Le sucre est nutritif et bienfaisant, et ne contient absolument aucun déchet.
Les fruits constituent un régime idéal. En réalité, les arbres les produisent pour engager les animaux et l’homme à les manger et à disséminer ainsi leurs graines. Les fleurs attirent de même les abeilles qui vont porter le pollen de pistil en pistil.
Nous ne digérons que 83% environ des protéines des légumes, 90% de leur graisse et 95% des hydrates de carbone.
Pour les fruits, nous assimilons environ 85% de leurs protéines, 90% de leur graisse et 95% des hydrates de carbone.
Les fruits frais contiennent une eau parfaitement pure et de la meilleure sorte, capable de pénétrer tout l’organisme de manière merveilleuse. Le jus de raisin en particulier est un dissolvant remarquable. Il clarifie et stimule le sang et permet son passage dans les capillaires déjà obstrués et desséchés, si l’obstruction n’est pas déjà trop avancée. (p. 439)
(…) le chocolat est l’aliment le plus nourrissant que nous connaissions. Par contre, le cacao en poudre est le plus dangereux de tous les aliments, puisqu’il contient trois fois autant de cendres que la plupart des autres et même dix fois pour certains. C’est un aliment puissant, mais aussi un poison puissant, car il encrasse l’organisme plus rapidement que n’importe quelle autre substance.
Le cerveau (…) a été construit avec les mêmes matériaux que toutes les autres parties du corps avec, en plus, le phosphore, qui est propre à cet organe seulement
(…) La plupart des légumes et des fruits contiennent une certaine quantité de phosphore, mais il assez curieux que ce soient les feuilles, généralement jetées au rebut, qui en contiennent en plus grande proportion. On le trouve en quantité considérable dans les raisins, les oignons, la sauge, les haricots, les clous de girofle, les ananas, dans les feuilles et la tige d’un grand nombre de légumes (carottes, côtes de bettes, panais…), et aussi dans le jus de la canne à sucre, mais pas dans le sucre raffiné. (p.446-447)
Nous conclurons en recommandant à l’aspirant de s’en tenir aux aliments qu’il digère le plus facilement, car plus il lui est facile d’extraire l’énergie qu’ils contiennent, plus l’organisme aura le temps de se reposer avant qu’il devienne nécessaire d’absorber à nouveau des aliments.
On ne devrait jamais boire du lait comme on boit un verre d’eau, car il forme alors dans l’estomac une boule de fromage sur laquelle les sucs gastriques n’ont aucune action. On devrait le boire à petits coups, comme le thé et le café. De cette manière, il formera dans l’estomac un grand nombre de petits globules qui seront facilement assimilés. Employé convenablement, c’est un de nos meilleurs aliments. Les agrumes sont des antiseptiques puissants, et les céréales, le riz en particulier, sont des antitoxiques d’une grande efficacité. (p. 448)
La loi d’assimilation
Les aliments de provenance animale sont (…) individualisés à un degré beaucoup plus élevé que les particules constituant les plantes, (…) saturés par les passions et les désirs de l’animal. Il faut en premier lieu une énergie considérable pour s’en rendre maître et l’assimiler, et, de plus, elle n’est jamais aussi complètement incorporée dans l’économie du corps que les parties constituantes des plantes qui n’ont pas de tendances individuelles aussi prononcées. Il en résulte que l’homme qui suit un régime carné doit consommer une plus grande quantité d’aliments et aussi manger plus fréquemment que le végétarien. En outre, cette lutte intérieure avec les particules carnées cause une plus grande usure générale du corps et rend celui qui suit un régime carné moins actif et moins endurant que le végétarien, […]. (p.452)
Vivre et laisser vivre
(…) Nous qui sommes incapables de créer quoi que ce soit, ne serait-ce qu’un grain de poussière, quel droit avons-nous donc de détruire la plus humble forme ? Toute forme est une expression de la vie unique, (…). Nous n’avons pas le droit de détruire la forme par l’intermédiaire de laquelle la vie cherche à faire de nouvelles expériences et l’obliger ainsi à construire un nouveau véhicule. (p.453)
[…] On objecte parfois qu’en faisant usage de légumes et de fruits, on détruit également la vie, mais cette assertion à pour base une conception erronée. Quand le fruit est mûr, il a accompli son objet qui est de servir d’enveloppe pour la maturation de la semence : si on ne le mange pas, il se gâte et il est perdu. De plus, il a pour but de servir de nourriture au règne animal et à l’homme afin de donner à la semence l’occasion de se développer dans un terrain fertile.
(…), de même tout œuf ou semence sont, par eux-mêmes, privés de vie. S’ils sont soumis aux conditions convenables d’un incubateur ou du sol, ils reçoivent alors la vie, (…), et saisissent ainsi l’occasion qui leur est offerte de produire un corps physique. Si l’œuf ou la semence sont cuits, broyés, ou s’ils ne sont pas soumis aux conditions nécessaires à la manifestation de la vie, l’occasion est perdue, mais rien de plus. (p.454)
(…), nous savons bien au fond de nous-mêmes, qu’il est mal de tuer. Nous aimons et protégeons les animaux dans tous les cas où notre avidité ou notre intérêt égoïste ne nous aveugle pas. La loi protège même un chien ou un chat contre tous les sévices arbitraires. Sauf dans le cas de la chasse, la plus indigne de nos cruautés envers la création animale, c’est toujours par amour de l’argent que nous tuons les animaux et élevons pour les tuer. Les fanatiques de la chasse abattent des créatures sans défense, sans autre but que de satisfaire leur vanité. (p.455)
Construction du véhicule intérieur
Dans la vie ordinaire, la plupart des gens vivent pour manger, boire et satisfaire leurs passions sans aucune contrainte ; ils s’emportent à la moindre provocation. Bien que, à en juger d’après les apparences, ils soient très « respectables », ils causent quotidiennement un désordre à peu près total dans leur organisme. (p. 473)