Je ne possède rien
Je suis créé
Je ne crée rien
Je produis
Ma vie ne m’appartient pas
J’appartiens à la Vie
Petit problème de propriété pour preuve d’une interprétation erronée de la réalité
Je me représente comme étant au centre d’un cratère qu’il me faut remplir
Alors qu’en vérité je sors d’une sphère que je ne devrais trop creuser
Je comprends que cette rage qui cherche à m’envahir
Est en correspondance directe avec ma recherche de devenir
Moi qui crois recourir à l’extérieur comme compromis
Permettant partiellement de recouvrir ce creux crasseux qui n’est pas pire
Qu’un autre sombre cauchemar par d’autres tripes vomi
Et qu’au contraire je devrais voir et sur lui me retourner
Pour retrouver cette force sereine, souveraine
Que je n’aurais pas pu perdre mais qui reste réservée
Et qui une fois relevée, une fois révélée
Saura à nouveau couler le long d’un rêve éveillé
Emerveillé
Progressivement lavé
Essoré
Adouci
Dont les odeurs de lessive
Des lavandières aujourd’hui oubliées
Laisseront place à celles délicieuses des lys
Délaissées sur les ailes souples des alizés
Qui volent depuis les océans et enlèvent délicatement sur leur passage
Tout ce qui est assez léger pour s’élever vers l’au-delà en un silence religieux
Que seul sait murmurer le souffle des âges
Plus limpide que l’écoulement de l’eau
Et tellement plus avant.
Eté 2007