« Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie. »
~ Poulain de la Barre
Assurément, la sexualité joue dans la vie humaine un rôle considérable: on peut dire qu'elle la pénètre toute entière; déjà la physiologie nous a montré que la vie des testicules et celle de l'ovaire se confondent avec celle du soma.
L'existant est un corps sexué; dans ses rapports aux autres existants qui sont aussi des corps sexués, la sexualité est donc toujours engagée...
[...] Il ne faut pas prendre la sexualité comme une donnée irréductible; il ya chez l'existant une "recherche de l'être" plus originelle; la sexualité n'est qu'un de ses aspects. C'est ce que montre Sartre dans L'Etre et le Néant; c'est ce que dit Bachelard dans ses ouvrages sur la Terre, l'Air, l'Eau: les psychanalistes considèrent que la vérit première de l'homme, c'est son rapport avec son corps et le corps de ses semblables au sein de la société; mais l'homme porte un intérêt primordial à la substance du monde naturel qui l'entoure et qu'il essaie de découvrir dans le travail, le jeu, toutes les expériences de "l'imagination dynamique"; l'homme prétend rejoindre concrètement l'existence à travers le monde tout entier appréhendé de toutes les façons possibles.
L’homme saisit son corps comme une relation directe et normale avec le monde qu’il croit appréhender dans son objectivité, tandis qu’il considère le corps de la femme comme alourdi par tout ce qui le spécifie : un obstacle, une prison.
[…] « L’homme se pense sans la femme. Elle ne se pense pas sans l’homme. » ~ M. Belota
Elle n’est rien d’autre que ce que l’homme en décide : ainsi on l’appelle « le sexe », voulant dire par là qu’elle apparaît essentiellement au mâle comme un être sexué : pour lui, elle est sexe, donc elle l’est absolument.
Elle se détermine et se différencie par rapport à l’homme et non celui-ci par rapport à elle ; elle est l’inessentiel en face de l’essentiel. Il est le Sujet, il est l’Absolu : elle est l’Autre.
[…] Aucune collectivité ne se définit jamais comme Une sans immédiatement poser l’Autre en face de soi. Il suffit de trois voyageurs réunis dans un même compartiment pour que tout le reste des voyageurs deviennent des « autres » vaguement hostiles.
[…] « Le passage de l’état de Nature à l’état de Culture se définit par l’aptitude de la part de l’homme à penser les relations biologiques sous la forme de systèmes d’oppositions : la dualité, l’alternance, l’opposition et la symétrie, qu’elles se présentent sous des formes définies ou des formes floues, constituent moins des phénomènes qu’il s’agit d’expliquer que les données fondamentales et immédiates de la réalité sociale. » ~ Lévi Strauss
Selon Hegel, on découvre dans la conscience elle-même une fondamentale hostilité à l’égard de toute autre conscience ; le sujet ne se pose qu’en s’opposant ; il prétend s’affirmer comme l’essentiel et constituer l’autre en inessentiel, en objet.
Seulement, l’autre conscience lui oppose une prétention réciproque.
[…] Ce qui caractérise fondamentalement la femme : elle est l’Autre au cœur d’une totalité dont les deux termes sont nécessaires l’un à l’autre (le couple).
[…] Le besoin biologique – désir sexuel et désir d’une postérité – qui met le mâle sous la dépendance de la femelle, n’a pas affranchi socialement la femme.
[…] A côté de la prétention de tout individu à s’affirmer comme sujet, qui est une prétention éthique, il y aussi en lui la tentation de fuir sa liberté et de se constituer en chose : c’est un chemin néfaste car passif, aliéné, perdu, il est alors la proie de volontés étrangères, coupé de sa transcendance, frustré de toute valeur. Mais c’est un chemin facile : on évite ainsi l’angoisse et la tension de l’existence authentiquement assumée.
« Il est plus facile d’accuser un sexe de d’excuser l’autre. » ~ Montaigne.
Un des bénéfices que l’oppression assure aux oppresseurs, c’est que le plus humble d’entre eux se sent supérieur : un « pauvre Blanc » du sud des U.S.A. a la consolation de se dire qu’il n’est pas un « sale nègre », et les Blancs plus fortunés exploitent habilement cet orgueil. De même le plus médiocre des mâles se croit en face des femmes un demi-dieu.
Pour tous ceux qui souffrent d’un complexe d’infériorité il y a là un liniment miraculeux : nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif et dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité. Ceux qui ne sont pas intimidés par leurs semblables sont aussi beaucoup plus disposés à reconnaître dans la femme un semblable (…), ils savent ce qu’ils perdent en renonçant à la femme telle qu’ils la rêvent, ils ignorent ce que leur apportera la femme telle sera demain. Il faut beaucoup d’abnégation pour refuser de se poser comme le sujet unique et absolu.
Il est difficile à l’homme de mesurer l’extrême importance des discriminations sociales qui semblent du dehors insignifiants et dont les répercussions morales, intellectuelles sont dans la femme si profondes qu’elles peuvent paraître avoir leur source dans une nature originelle. L’homme qui a le plus de sympathie pour la femme ne connaît jamais bien sa situation concrète.
Si on veut tenter d’y voir clair, il faut sortir de ces ornières ; il faut refuser les vagues notions de supériorité, infériorité, égalité, qui ont perverti toutes les discussions, et repartir à neuf.
Ce n’est pas une mystérieuse essence qui dicte aux hommes et aux femmes la bonne ou la mauvaise foi ; c’est leur situation qui les dispose plus ou moins à la recherche de la vérité.
La perspective que nous adoptons, c’est celle de la morale existentialiste. Tous sujet se pose concrètement à travers des projets comme une transcendance ; il n’accomplit sa liberté que par son perpétuel dépassement vers d’autres libertés ; il n’y a d’autre justification de l’existence présente que son expansion vers un avenir indéfiniment ouvert.
(…) Tout individu qui a le souci de justifier son existence éprouve celle-ci comme un besoin indéfini de se transcender.
Le drame de la femme, c’est le conflit entre la revendication fondamentale de tout sujet qui se pose toujours comme l’essentiel et les exigences d’une situation qui la constitue comme inessentielle.
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Les menstruations :
Presque toutes les femmes (85 %) présentent des troubles pendant la période des menstruations. La tension artérielle s’élève avant le début de l’écoulement sanguin et s’abaisse ensuite ; la vitesse du pouls et souvent la température augmentent : les cas de fièvre sont fréquents ; l’abdomen devient douloureux ; on observe souvent une tendance à la constipation et ensuite des diarrhées ; souvent aussi il y a augmentation du volume du foie, rétention d’urée, albuminurie ; beaucoup de sujets présentent une hyperémie de la muqueuse pituitaire (mal de gorge), et certains des troubles de l’ouïe et de la vue ; la sécrétion de sueur est augmentée et s’accompagne au début des règles d’une odeur « sui generis » qui peut être très forte et persister pendant toute la menstruation. Le métabolisme basal est augmenté. Le nombre des globules rouges diminue ; cependant le sang véhicule des substances généralement mises en réserve dans les tissus, en particulier des sels de calcium ; la présence de ces sels réagit sur l’ovaire, sur la thyroïde qui s’hypertrophie ; sur l’hypophyse qui préside à la métamorphose de la muqueuse utérine et dont l’activité se trouve accrue ; cette instabilité des glandes amène une grande fragilité nerveuse : le système central est atteint, il y a souvent céphalée, et le système végétatif réagit avec exagération : il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume et peut présenter des troubles psychiques graves.
C’est dans cette période qu’elle éprouve le plus péniblement son corps comme une chose opaque aliénée ; il est la proie d’une vie têtue et étrangère qui en lui, chaque mois, fait et défait un berceau ; chaque mois un enfant se prépare à naître et avorte dans l’écoulement des dentelles rouges. La femme, comme l’homme, est son corps ; mais son corps est autre chose qu’elle.
La ménopause :
C’est encore par une crise difficile que la femme échappe à l’emprise de l’espèce ; entre quarante-cinq et cinquante ans se déroulent les phénomènes de la ménopause, in verses de ceux de la puberté. L’activité ovarienne diminue et même disparaît ; cette disparition entraîne un appauvrissement vital de l’individu.
On suppose que les glandes cataboliques : thyroïde et hypophyse s’efforcent de suppléer aux insuffisances de l’ovaire ; ainsi observe-t-on à côté de la dépression du retour d’âge des phénomènes de sursaut : bouffées de chaleur, hypertension, nervosité ; il y a parfois recrudescence de l’instinct sexuel. Certaines femmes fixent alors la graisse dans leurs tissus ; d’autres se virilisent. Chez beaucoup un équilibre endocrinien se rétablit. Alors la femme se trouve délivrée des servitudes de la femelle ; elle n’est pas comparable à une eunuque car sa vitalité est intacte ; cependant elle n’est plus la proie des puissances qui la débordent ; elle coïncide avec elle-même. On a dit parfois que les femmes âgées constituaient un « troisième sexe » ; et en effet elles ne sont pas des mâles mais ne sont plus des femelles ; et souvent cette autonomie physiologique se traduit par une santé, un équilibre, une vigueur qu’elles ne possédaient pas auparavant.
Le symbolisme psychalaytique:
La tendance du sujet à l’aliénation ; l’angoisse de sa liberté conduit le sujet à se rechercher dans les choses, ce qui est une manière de se fuir ; c’est une tendance si fondamentale qu’aussitôt après le sevrage quand il est séparé du Tout, l’enfant s’efforce de saisir dans les glaces, dans le regard de ses parent, son existence aliénée. Les primitifs s’aliènent dans le mana, dans le totem ; les civilisés dans leur âme individuelle, dans leur moi, leur nom, leur propriété, leur ouvrage : c’est la première tentation de l’inauthenticité.