A travers les roseaux
Me parvient un léger vrombissement
Tapis sous le chant des oiseaux.
Rapidement, comme portée par le vent
S’approche une libellule.
De son vol stationnaire
Elle contrôle le périmètre
Véritable archétype de l’hélicoptère.
Aucune méprise pourtant sur ce qui la stimule :
Ses intentions ne sont pas guerrières ;
Beaucoup plus sobres et dignes, de guise !
Du moins je l’espère…
Puisqu’elle ne semble chercher qu’à poursuivre ses lignes
Tracées selon Dieu sait quels repères,
Et en aucun cas ne se révèle maligne.
Retour à ma pêche…
Libellule,
Dont le nom à lui seul éveille en l’âme quelque ancienne formule.
« Libellé de la bulle » s’annoncerait-elle sans préambule.
Tellement, tellement légère et sans scrupule
Qu’elle se déleste de toutes les plumes
Dans un mélodieux allongement de molécules
Doublé d’ailes fines et translucides ;
D’ailleurs ces dernières l’amènent à effectuer ses balais des airs
Folles et précises danses
Sortes de lucides transes
Dont la signification échappe à la sapience
Peut être trop éloignée de son essence
De la source, du ruisseau, de l’étang ou du lac,
De la rivière dont hier encore elle fréquentait la rive
Et que ne saurait quitter la libellule par son vol trop saccadé
Qui à mon humble avis ne lui vaut pas ce nom
Si emprunt de volupté qu’elle a du voler au papillon.
Novembre 2007